Le bistrot français | Culinaria de Leite


En tant que Frenchie wannabe, j’ai tendance à revêtir mon teint rose lunettes quand je considère le bistro français classique et ses barres de zinc et ses tables en plein air. Je veux dire cela littéralement. Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer un scénario, encore et encore. Moi, derrière mes lunettes de soleil à lentilles de rose préférées, dans un bistro à Paris. En sirotant. En riant. Persistant.

Les bistros sont la matière des rêveries. Des établissements emblématiques et légendaires dégagent un charme incontestable. Un sortilège.

Je ne suis pas le seul à penser cela. Mais je pense aussi que le romantisme et la romance qui entourent les bistros viennent peut-être parce que je considère tout, le décor fané, le vin de la maison, les passants, voire un steak frites médiocre, un peu moins critique que d’habitude. Peut-être une grande partie de ma lune est-elle due au fait que je me vois moi aussi d'une manière moins banale. Chaque fois que je me surprends dans un tel moment de pensée fantaisiste, je vois une version plus heureuse, plus élégante et plus sasseuse de moi assis à cette table. La France a tendance à avoir cet effet sur les gens. Cela vous ramène au moment présent. Et je retourne à Paris de temps en temps pour ça. Il est essentiel.

Je n’avais jamais considéré le pourquoi derrière l’effet bistro, mais je l’avais plutôt accepté comme un fait. Jusqu'au moment où j'ai parcouru French Bistro, dans lequel Bertrand Auboyneau, propriétaire du célèbre Paul Bert à Paris et fondateur du mouvement bistronomique, partage son point de vue sur les éléments essentiels d'un vrai bistrot. Il nous rappelle la robustesse et la fiabilité plus solides du bistrot physique, qui crée le contexte dans lequel le plus chimérique semble possible. Vous trouverez un soupçon de ses pensées et sa philosophie ci-dessous. Et ne craignez rien. Déconstruire l’essentiel du bistro comme il le fait ne ternira pas cette teinte rose. Si quelque chose, cela le rend encore plus rose. Publié à l'origine le 13 juillet 2012.–Renee Schettler Rossi

~~~

Le bistro est l'un des derniers lieux de théâtre en direct dans nos villes. Les clients prennent leurs positions sans y être incités, parlent à des inconnus au bar, demandent à leurs voisins de passer le sel, fument une fumée à l'extérieur et peuvent même partir avec un numéro de téléphone. Le bistrot est le décor contre lequel des drames et des romans mineurs sont joués. C’est un sanctuaire social où l’on peut réfléchir, regarder les passants, hausser les épaules en calories et éponger la sauce dans nos assiettes avec du bon pain. Laissons le monde extérieur en costume, asservir leurs montres. Cette révolte sereine, cette rébellion qui se nourrit de beurre salé, continue d’être un succès en raison de son respect sincère à la fois pour sa nourriture et ses convives. Vous le sentirez en entrant et le goûterez au creux du pain.

Qu'est-ce qui définit un bistro? Un comptoir, un propriétaire et un chef? Limiter la définition à ce trio serait trop simpliste pour décrire un univers entier. Un bistro comprend beaucoup plus.

Que serait un bistro sans son bar? Le poids combiné de son plomb, de son zinc et de son bois épais l’ancre solidement au sol. Il semble avoir été là assez longtemps pour avoir pris racine, puisant sa force et sa sérénité dans sa solidité. La barre est soumise à des coups, des coups et des lingettes. Il est insensible aux mots qui se séparent, aux bavardages sans fin, au passé, au passé, et aux ardoises, nettoyées. Il écoute avec une oreille attentive la souffrance humaine et la bonne fortune. Le bar est une entité bienveillante, un confessionnal des derniers jours. Lorsque le moment sera venu et que vous serez prêt, vous pourrez quitter la sécurité du bar pour le confort de votre table.

Voici un autre paradoxe français. Si la nourriture est bonne, le décor semble spectaculaire. Si la nourriture est décevante, le décor est classé comme douteux et le service inégal. Le banc recouvert de similicuir usé semblera évoquer le romantisme des époques passées plutôt que simplement minable. Le décor de bistrot, c'est comme voyager dans le temps, à l'âge d'or Il y aura des murs en briques apparentes, des affiches anciennes, des panneaux en émail, du carrelage ancien, des plafonds moulés, des tables en bois usées et des chaises anciennes. Ils transmettent tous le même message intemporel, tel un dialecte pittoresque, quelque peu dépassé, qui nous rassure et fait gronder nos ventres.

La chaise de bistrot est astucieux et agile, ponctuant la salle à manger. Il suffit d'un coup de poignet pour le faire tourner. Il est polyvalent: il peut être superposé et empilé; il peut être envoyé voler et il peut même craquer des crânes. La chaise de bistrot originale a été conçue en 1859 dans l’atelier de Michael Thonet. Cet inventeur ingénieux a mis au point un procédé permettant de plier du bois massif pour lui donner une forme courbée. C'est le prototype Thonet numéro 14 qui a connu le succès. Le monde entier a ensuite imité sa conception en produisant des chaises qui pourraient soutenir les plus illustres postérieurs du monde.

Le veux? Cliquez dessus.

La force de la cuisine de bistro doit beaucoup à sa flexibilité. Le menu du tableau atteste de son adaptabilité. Bien plus qu’un élément décoratif rustique, le tableau reflète les préoccupations économiques d’une cuisine basée sur la disponibilité du marché et les prix fluctuants des produits de base. Si un certain poisson venait à devenir abondant, le chef et le propriétaire modifieront immédiatement le menu du jour. Si les ingrédients d’un plat sont épuisés, il est immédiatement effacé. Le bistro a la chance de pouvoir saisir les occasions qui se présentent, même s'il doit être fidèle à ses principes fondamentaux. Vous y allez parce que vous êtes sûr de trouver votre steak habituel avec moutarde, sole meunière ou saucisse sèche préférée. L'affabilité est tangible dans les plats terre-à-terre, ceux que tout le monde aime. Les restaurants haut de gamme ont pris le temps de revisiter les recettes de bistrot, en regorgeant de vieilles assiettes. C'est très bien. La cuisine de bistro peut prendre la compétition.

La France a un tableau éblouissant de mauvais personnages. Il suffit de se tenir au bar de n'importe quel bistro. Vous êtes obligé de repérer un ou plusieurs les clients, des êtres imprévisibles, regardant au fond du cœur, maussade, morose ou ennuyé. Certains d'entre eux parviennent à afficher toute la gamme des émotions sombres, de la morosité à la misère. Ceux qui entrent en riant et joyeux sont peu nombreux, et leur comportement laisse présager qu'ils ont pris un verre de leur prédateur. Le succès d'une soirée dans un bistro peut souvent dépendre d'un seul client. Une seule personne insensée qui perd patience ou qui explose peut rapidement ruiner l’ambiance. Et c’est la raison pour laquelle les propriétaires de bistro sont si attentifs aux dîners, les surveillant constamment et étroitement. Les clients français sont des créatures uniques, et c’est dans cet esprit qu’ils doivent être accueillis.

L'ambiance d'un bistro est original et inimitable. Une myriade de conversations, le tintement des couverts, des serveurs qui jouent leurs rôles, des ordres aboyés, des cuillères qui résonnent contre des tasses à café, un bouchon de liège qui sort d'une bouteille sont réunis dans un babillage de vie. Un état général de bien-être résonne.

Envie de plus? DÉVOURNER CES:


Lecture recommandée si vous aimez cuisiner!