Lifetime //9 {Culture & gourmandises en Espagne}

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Aujourd’hui, suite de mon carnet d’été, je vous emmène en Espagne, à Bilbao plus précisément. C’est une ville marquée par une architecture assez austère, des larges avenues, des façades très carrées, peu attachante au premier coup d’oeil… Mais cette ville du Pays Basque espagnol, non loin de notre côte basque abrite un musée magnifique, le Musée Guggenheim de Bilbao. Depuis très longtemps, je suis passionnée d’Histoire de l’Art, le résultat d’une rencontre, celle d’un prof d’Arts plastiques qui a su me communiquer très tôt cette passion qui ne m’a jamais quittée et qui m’a menée jusqu’aux Beaux-Arts des années plus tard. Mais surtout, j’aime les musées ; ce sont des lieux qui m’apaisent et me font voyager. C’est une bulle pour moi, comme une dimension parallèle… Je ne peux pas imaginer visiter une ville sans visiter ses musées, reste que j’en ai vu beaucoup, mais celui-ci est magique.

Nous sommes donc partis en famille visiter pour la seconde fois ce Musée qui vaut déjà le détour juste pour son architecture incroyable, baignée de lumière, l’oeuvre de l’architecte américano-canadien Frank O. Gehry. Mais avant d’être ébahit par ce monstre étincelant, gigantesque et morcelé, c’est Puppy qui nous interpelle. Cet immense chien habillé de fleurs qui sied à quelques mètres devant l’entrée du Musée. C’est l’oeuvre de Jeff Koons, qui l’avait créé pour l’inauguration du Musée en 1997 et finalement, il a trouvé sa place et continue d’accueillir les visiteurs. Et puis, on pénètre dans le coeur du musée. Une hauteur immense, des mètres de poutres en métal qui s’entremêlent les unes dans les autres, des perspectives étranges, des voûtes modernes et ses multiples plaques de verre qui montent jusqu’au ciel et enferment la lumière comme dans un écrin. Au final, on est transporté par cette atmosphère fascinante avant même d’avoir visité une seule des salles présentes. On comprend aussi aisément que ce projet ait reçu un accueil fracassant lorsqu’il fut proposé…

Le voyage se poursuit sur l’une des terrasses où est posé à même le sol comme s’il nous était offert, un bouquet de tulipes géantes et colorées (encore l’oeuvre de Jeff Koons). A cet endroit, le musée s’avance dans l’eau, en bordure du fleuve Nervion, il baigne dans un étang de brouillard (installation de Fujiko Nakaya) et l’araignée de fer intitulée « Maman » de Louise Bourgeois flirte avec les fontaines de feu d’Yves Klein, tout cela cohabite gaiement dans une ambiance un peu mystique. La programmation est très éclectique, la première fois que nous étions venus, l’exposition était plutôt trash et beaucoup de salles interdites au moins de 18 ans. Pas facile alors de profiter de la visite en famille. Il y a la collection permanente qui présente entre autre l’installation fascinante des sculptures en torsion de Richard Serra où se promener donne le vertige, au rythme des échos qui parcourent le métal. Et puis, il y a les expositions temporaires comme cette fois-ci une exposition intitulée « l’Art en guerre, 1938-1947 : de Picasso à Dubuffet ».

Une très belle exposition qui montrait comment, face à l’occupation nazie et au contexte d’oppression menaçant que vivait la France pendant la seconde Guerre Mondiale, les artistes de l’époque se rebellèrent contre les consignes officielles en imaginant de nouvelles réponses esthétiques qui transformeraient le devenir de l’art. Plus de 500 oeuvres réalisées par une centaine d’artistes et un parcours mémorable et bouleversant dans l’histoire de l’art du XXème, parmi eux : Braque, Dubuffet, Duchamp, Giacommetti, Kandinsky, Miro, Fautrier, Picasso… Je découvre alors des formes et des matières imposées par la pénurie, des écrits qui vous brassent les tripes, des lieux d’expression les plus hostiles à toute forme de liberté, des artistes en exil, en résistance ou déportés et Vichy. Une exposition magnifiquement mise en scène dont on ne sort pas indifférent. D’ailleurs, en parcourant l’expo, j’ai eu cette chanson de Barbara « Göttingen » qui flottaient dans ma tête (oui, ma playlist aussi est très éclectique ! )… Ce petit air joyeusement mélancolique.

La visite terminée, on a dû mal à quitter l’endroit. On flânerait bien pendant des heures dans ses dédales de lumières… Il est passé 14h30 et tout le monde a faim alors on quitte le musée pour faire quelques mètres et aux détours d’une ruelle, on arrive chez Serantès. Une adresse qui ne paye pas de mine, un comptoir de bois vernis, des vitrines qui courent tout le long, une lumière un feu feutrée, un décor un peu vieillot mais des tapas mémorables, même pour une intolérante comme moi ! Tortillas, salade de poulpes, poivrons marinés… On se régale. Le service est convivial, à notre disposition pour préparer les tapas de notre choix et les servir avec le sourire qui nous donnera sans doute l’envie de revenir !

Je vous invite à aller visiter ce musée somptueux qui proposera prochainement une rétro sur Tapiès (surement géniale aussi !) et prendre un moment gourmand chez Serantès, vous ne le regretterez pas ! A très vite…

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Crédits photos : ©réglisseetmarmelade2013

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3 Responses

  1. La Lilloise dit :

    Cela me donne encore plus envie de connaître le pays basque… et ses alentours !

  2. vacances blog dit :

    Le Pays Basque, ou le paradis des pinchos ^^
    Super article…

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