En aparté {Edda Onorato}

J’ai eu envie de vous parler de cuisine, de convivialité et d’Italie… J’ai eu envie de rencontrer Edda Onorato et de vous la présenter.

Edda Onorato a 35 ans, elle est née à Rome (d’un père italien et d’une mère française), mais vit à Paris depuis 7 ans. Gourmande et curieuse, son parcours est atypique et elle est aujourd’hui consultante, auteure et photographe culinaire. Son blog « Un déjeuner de soleil » est un voyage au coeur de l’Italie ensoleillée et généreuse, que je vous invite à découvrir. Interview d’une passionnée.

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* Vous avez un parcours atypique, comment passe-t-on du Droit à cet univers culinaire ?

Edda Onorato : Il n’y a pas vraiment de lien, c’est vrai. Les deux univers sont tellement différents ! L’un très social, intellectuel, sérieux et l’autre convivial, manuel et joyeux. Disons plutôt que la passion pour le droit et pour la cuisine sont nés chez moi intensément et en parallèle. Et puis, celle pour la cuisine a pris le dessus, peut-être pour son côté ludique. Ensuite est née la passion pour la photographie culinaire. Le passage n’a pas été simple, au contraire, mais je suis heureuse de mon choix.

* D’où vous vient cette passion ? Est-ce un héritage de vos racines à la fois française et italienne ?

Edda Onorato : Sans aucun doute c’est une passion que j’ai respiré depuis petite. Je viens d’une famille de très bonnes cuisinières et de grands gourmands. Nous sommes capables de parler de plats, d’ingrédients, des souvenirs gustatifs pendant des jours. La cuisine est pour nous vraiment un espace de partage et de liberté. Une belle façon d’être ensemble. Mes doubles racines y ont en effet largement contribué. Le fait d’avoir deux cultures nous porte à être très curieux, à découvrir, à goûter à tout et finalement à apprécier ce qu’il y a de mieux des deux côtés. Je me souviens, par exemple, de ma mère qui découvrait fascinée la vraie mozzarella, les pâtes, la charcuterie, les légumes italiens magnifiques et de mon père, de son côté, qui dégustait pour la première fois, enthousiaste, les huîtres crues, le foie gras, les fromages, la pâtisserie française…

* Votre blog « Un déjeuner de soleil  » est une véritable invitation au bonheur, en famille ou entre amis. Diriez-vous que votre cuisine est affective ?

Edda Onorato : Merci, je suis touchée que vous ressentiez cet atmosphère dans le blog. C’est cet enthousiasme que j’ai envie de transmettre. Je ne me suis jamais posée la question sur la cuisine affective mais effectivement on pourrait la définir ainsi. Au fond, inconsciemment j’ai été marquée par mes deux grand-mères (napolitaine et alsacienne) : même si leurs traditions culinaires appartiennent à deux univers différents, toutes deux ont entre autre, transmis leur amour à leurs proches à travers leurs plats.

* Quelles sont les valeurs qui vous inspirent ? Comment définiriez-vous votre approche de la cuisine ?

Edda Onorato : La simplicité, le beau, le bon et le fait maison. C’est une cuisine fraîche, de saison aux milles inspirations. Elle nait pour faire plaisir.

Vous avez publié un livre « Un déjeuner de soleil en Italie », comment est né ce projet ?

Edda Onorato : À l’origine, il y a eu une belle rencontre avec mon éditrice Sarah Molina, des éditions Altal, qui un jour m’a proposé d’écrire un livre. Je suis née et j’ai grandi en Italie. J’ai ainsi décidé de puiser dans mes racines italiennes, ma cuisine de coeur, quotidienne et de raconter ainsi la cuisine italienne de manière personnelle et authentique. Ce livre est bien sûr un livre de cuisine avec beaucoup de recettes, des astuces, des notes sur les ingrédients typiques mais c’est également une invitation au voyage. Chaque recette est mise dans son contexte historique, géographique ou personnel. Et vu que j’ai pris également toutes les photos, j’ai tenu à ce qu’il y ait aussi des clichés de lieux qui me sont chers.

* Existe t-il un plat français que vous aimeriez revisiter à l’italienne ?

Edda Onorato : Ce n’est pas vraiment un plat de haute cuisine, mais je pense au croque-monsieur.

* Quelle est votre recette fétiche ?

Edda Onorato : Des pâtes au pesto maison avec des herbes fraîches et ce qu’il y a à la maison (fruits secs, huile d’olive, légumes, ricotta, olives…). C’est mon sauve-déjeuner depuis des années. Simple, bon et rapide. Vous trouverez des recettes de pesto classiques (de Gênes et sicilien) dans mon livre et de nombreuses autres variantes sur le blog.1eÃÄre de couv Edda_opt

* Et celle dont vous êtes la plus fière ?

Edda Onorato : J’aime la cuisine simple mais je ne recule pas devant les défis plus techniques. Je pense donc peut-être au baba au rhum. J’ai cherché pendant des années la recette idéale et je l’ai enfin trouvée. C’est long, un peu hors des sentiers battus mais le résultat est magnifique.

* Le produit que vous aimez travailler ?

Edda Onorato : Les légumes 

* Vous avez passé il y a plus d’un an un CAP de pâtisserie. Pourquoi ce choix, et est-ce que cela veut dire que nous verrons bientôt dans les rayons des librairies un nouvel ouvrage consacré à la Pâtisserie ?

Edda Onorato : Outre la cuisine (notamment italienne) je suis passionnée de pâtisserie française. Je la trouve créative, raffinée et j’aime son côté technique. J’ai décidé de passer un CAP de pâtisserie tout d’abord par curiosité et défi personnel. Je voulais me confronter à quelque chose de rigoureux, professionnel. Et en effet c’est très formateur de tous points de vue.  J’ai beaucoup appris et j’ai acquis encore plus de confiance. Puis je me suis dit qu’un CAP pourrait m’aider lors de ma reconversion. Je n’avais pas pensé à ça, mais pourquoi pas en effet. Même s’il existe déjà tellement de beaux livres de grands Chefs pâtissiers français.

* Quelles sont vos envies pour l’avenir ?

Edda Onorato : Continuer à vivre de cuisine, en exerçant mon métier d’auteur et photographe culinaire. Et surtout, continuer à partager et à faire plaisir à mon entourage.

* Une dernière chose… Avez-vous un conseil pour rendre le risotto plus crémeux ?

Edda Onorato : Il y a quelques temps, suite à de nombreuses questions, j’ai consacré tout un billet sur le blog avec les 10 règles d’or pour réussir son risotto. Comme j’indiquais, le côté crémeux du risotto vient de l’amidon du riz, il est donc important d’utiliser du riz à risotto. L’idéal sera le Carnaroli car il contient beaucoup d’amidon et en même temps tient bien la cuisson. Ensuite, il faut le chouchouter en lui donnant du bouillon peu à peu et en mélangeant régulièrement. C’est le mouvement qui va permettre au riz de dégager graduellement l’amidon. En fin de cuisson en général on le lie au beurre et parmesan.  Si tout a été suivi, le riz est crémeux. Mais si vraiment on aime un risotto ultra crémeux, je conseille de préparer un risotto au fromage.

Grissini_UDS_ EddaOnorato


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