CAP pâtissier, on y est {Retour sur ma reconversion}

CAP PATAprès plusieurs mois de travail (8 mois de préparation), je me suis présentée au CAP pâtissier en candidat libre la semaine dernière. C’était l’aboutissement d’une étape importante dans ma reconversion. Une étape avant d’attaquer l’étape suivante… Dans l’attente des résultats qui seront publiés le 5 juillet prochain, j’ai envie de prendre un moment pour revenir sur ce projet de reconversion que j’ai partagé avec vous très tôt sur le blog et répondre d’une certaine manière aux questions qu’on me pose… Une reconversion, c’est une maturation, un cheminement qui n’est pas des plus faciles à vivre. C’est une remise en question permanente, c’est accepter les doutes, les incertitudes, les moments de solitude, c’est se fixer des objectifs un jour et se sentir dépasser le lendemain, c’est accepter de prendre le temps. Car il ne faut pas être pressé dans une reconversion. Tout cela prend du temps, beaucoup de temps…

Lorsque j’ai participé au stage reconversion Valrhona, il y a presque un an maintenant, j’avais une idée bien précise de ce qu’était mon projet. Ce stage m’avait permis de valider cette orientation professionnelle, de trouver où était ma place et de m’y sentir bien. J’ai tout de suite eu la volonté de passer un CAP pâtissier, parce que pâtisser chez soi le dimanche n’a rien à voir avec ce métier passionnant, qui nécessite beaucoup de connaissances en terme de technologies, d’hygiène, de sciences et beaucoup de pratique ! Cela ne s’improvise pas et je voulais me confronter au jugement de professionnels, qui valideraient ou non, les choses. C’est un métier où l’on apprend tous les jours et j’avais à coeur dans un premier temps, d’apprendre de bonnes bases. Autant vous dire que le préparer en moins d’un an, c’est vraiment beaucoup trop court. Ce n’est pas pour rien que le cursus normal s’établit sur deux ans…

Pour moi, le choix de le passer en candidat libre est devenu une évidence, après que je sois allée au Pôle Emploi pour solliciter une aide au financement de ma formation reconversion puisque je venais de clôturer mon entreprise. Je suis tombée sur une jeune femme très sympathique et qui m’a dit la chose suivante :  » Vous n’avez droit à rien, ni allocation, ni aide à la formation. Eh oui, vous savez quand on est chef d’entreprise en France, on n’est pas dans le cadre… ». Je vais passer rapidement sur l’injustice profonde que représente cette phrase pour quelqu’un qui cotise comme les autres depuis des années et qui s’entend dire ça comme si finalement son travail avait, pendant toutes ses années, « compté pour du beurre »

Je suis d’un naturel optimiste alors j’aime à croire que les choses changeront toujours dans le bon sens. Mais surtout, je fais partie de ces gens qui ont des projets, des rêves et qui travaillent pour les réaliser, sans rien attendre de personne. Je fais partie de ceux qui pensent que la vie est un cadeau, que chaque minute est précieuse et qu’elle ne doit pas être gaspillée mais mise à profit pour apprendre, pour avancer, pour découvrir, pour partager. Alors, il me restait soit un emprunt à la banque pour financer une formation privée pour adulte très onéreuse (et nombreux sont ceux qui ont senti le filon), soit me débrouiller. J’optais pour la seconde option. J’ai travaillé pendant des mois sur les cours, qui sont très denses et pâtissier quatre jours par semaine (non, je n’ai pas tout mangé !…). D’accord, je n’étais pas chez un patron, mais je voulais faire des heures de pratique parce que le bon geste naît de la répétition et de l’application… et parce qu’on apprend beaucoup de ses erreurs. J’ai lu des tonnes de livres, dévorer le Journal du Pâtissier, regarder des vidéos, suivi régulièrement les MOF (Meilleurs Ouvriers de France) dont j’admirais le travail, participer à des masterclass quand je le pouvais et cela m’a nourrit durant tous ces mois.

Il y a une semaine, c’était l’épreuve pratique. Une journée dense (7h d’épreuve), mais quel bonheur de vivre cette expérience ! Quel chance de se retrouver à nouveau dans un vrai labo ! Sujet : 20 brioches, une galette feuilletée aux amandes, une tarte au citron et un entremet aux poires. J’ai tout sorti dans les temps, certes avec quelques erreurs dues au stress, mais j’étais heureuse de vivre ce moment là entourée de mes petits camarades (grands ados) étant la seule adulte ce jour-là… J’ai été très bien accueilli et il me reste en tête beaucoup de sourires et une foule d’anecdotes sur cette journée passée avec eux. J’aurais aimé avoir un retour sur ma prestation, même critique par les membres du jury et professionnels présents et qui m’ont scrutée pendant 7 heures (!) mais cela ne se fait pas et c’est très dommage. C’est pourtant important le débrief. Les écrits ont suivi, et là encore, se retrouver à 40 ans dans une salle d’examen m’a beaucoup fait sourire…

Aujourd’hui, après avoir préparé ce CAP pendant tous ces mois, c’est la phase de décompression (oui, le principe de la reconversion c’est l’ascenseur émotionnel !). Il faut désormais se relancer et se tourner vers l’étape suivante et là encore, mon projet de base est beaucoup bousculé. Mais je ne cherche pas à rester dans ce cadre défini il y a plus d’un an. Au contraire, je me laisse porter par ses évolutions en essayant d’être à l’écoute de ce que je veux et de qui je suis. Je ne vous dirai pas que c’est facile…

Aujourd’hui, je poursuis la pratique et je suis heureuse de pouvoir travailler et tester de nouvelles recettes. Je touche du doigt un rêve et il me faudra du courage, de la détermination et beaucoup de passion pour parvenir à le réaliser, car le chemin est encore très long ! Au départ, on se dit qu’il sera facile à atteindre et plus le temps passe, plus on s’aperçoit que ce temps est nécessaire. Il ne faut pas imaginer une reconversion rapide et sans tourments. Ce n’est pas seulement une reconversion professionnelle, c’est une redéfinition de soi qui s’inscrit dans un contexte familial, personnel beaucoup plus large. Il faut en avoir conscience, mais c’est enrichissant. La prochaine étape est celle des chiffres et du retour à la réalité vraie… Aujourd’hui, mon livre de chevet est un carnet où je note toutes mes idées, tous mes souhaits et pour l’heure, j’ai envie d’un lieu à moi et qui me ressemblerait. Un lieu inscrit dans cette région où je suis venue habiter il y a maintenant 10 ans, riche de ses agriculteurs qui travaillent la terre toute l’année et qui méritent aussi d’être valorisés. Un lieu donc où l’on produira des choses de qualité, où l’on travaillera de bons produits, un lieu où la gourmandise et la curiosité seraient les plus jolis défauts !… Tout cela va peut-être encore changer, mais c’est bon de rêver, non ?

Pour finir, une reconversion n’est viable que si l’on est soutenu. Et c’est mon cas, ma famille, mes proches, mes amis, et même des inconnus (qui le sont moins) mais qui me suivent sur Instagram et m’encouragent régulièrement, alors un immense merci à tous !

A très vite pour la prochaine étape, en espérant que le 5 juillet soit porteur d’une bonne nouvelle !

XO

 

 


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1 Response

  1. Irresistibird dit :

    Bravo pour avoir sauté le pas !

    On attend la bonne nouvelle :)

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